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Son Histoire

 

Geishouse, hier et aujourd’hui…

 

Venant de Moosch, le marcheur charmé, au détour du chemin, voit s’ouvrir le panorama d’un coquet village dont les fenêtres garnies de fleurs sont autant de sourires. Maisons classiques, chalets en bois, petites villas, toutes les pièces d’un puzzle harmonieux sont accolées en forme d’entonnoir sur l’arrondi de la montagne. Il doit faire bon vivre ici, respirant l’air vivifiant de l’altitude moyenne, dans un silence quasi religieLa croix                     ux vous environnant alors que vous êtes assis sur le banc, au pied du calvaire. Cette petite place invite au repos et à la méditation et déjà l’histoire rattrape le marcheur.

Les malgré-nous                  Une stèle est consacrée aux Malgré-Nous, fils du village enrôlés dans l’armée allemande en dépit du Droit International et qui ne sont pas revenus. Ils dorment dans les steppes lointaines, mais leur âme est ici, tant est puissant l’amour les unissant à cette terre.

 Le marcheur sent la fatigue l’envahir, un fin brouillard ternit son regard, des images et des voix le plongent dans un passé bien plus lointain encore. 

 Autour de l’an 1000 une grande forêt touffue, le bruit des cognées, les fûts craquent, les défricheurs lorrains s’installent : les débuts de Geishusen. 

1135 dans un acte de Goldbach, on situe le chemin de Geishusen. L’existence du village est donc attestée.

Il appartient à l’Abbaye de Murbach et fait partie de la Paroisse de Saint-Amarin.Début du 20ème

 

 1532 10 fermes sont recensées, soumises à l’impôt. Après ce bonheur bucolique, de nouvelles visions font frémir : peste, épidémies diverses, mauvaises récoltes, famine.

 

1616 on ne compte que 20 foyers. Les groupes de maisons sont dispersés et les habitants vivent, bon an, mal an, de culture et d’élevage.

 

1618-1648 La guerre de Trente Ans. Une soldatesque cruelle et sans pitié sévit dans toute la vallée.

 

1650 sur 900 habitants de la paroisse Saint-Amarin dont Geishouse fait partie, il ne reste que 150. A Geishouse on compte 8 bourgeois, 23 enfants, 18 bêtes à cornes et 3 chevaux.Maison début 20ème

 La prochaine vision remplit de bonheur le cœur du pèlerin de l’histoire. Avoine et seigle, chanvre et lin se balancent au gré du vent et les enfants ont réappris à rire. Le village renaît.

 

1679 La paix de Nimègue. La fumée des cheminées monte dans le ciel bleu et le pain cuit dans les fours accolés aux chaumières, la forêt donne son bois et le bleu des myrtilles barbouille les petites bouches.

Mais quel est ce bruit qui monte de la vallée ?

 

1679 et suivantes. Usines et mines s’installent, machines à tisser cliquètent et hommes, femmes et enfants, revenant d’un dur travail, peinent dans la raide montée. Les machines engouffrent de plus en plus de ce bois dont les habitants avaient le droit d’user pour se chauffer, pour construire et pour vendre. Maintenant, il faut presque le voler et les gardes ne sont pas tendres, les contraventions pleuvent. Peu à peu, au cours de cette fin du XVIIè siècle, la misère revient.

 

1789 dimanche 25 juillet. La population attendant avec désespoir des temps meilleurs et apprenant la prise de la Bastille à Paris, se révolte et marche sur Guebwiller.

Sur son banc, le marcheur doit constater avec amertume : Liberté, Egalité, Fraternité sont nées dans le sang.

 

1790 15 septembre : recensement. A Geishouse il y a 103 foyers, 552 personnes y vivent, 93 sont des journaliers.

 

1800 Loi du 28 pluviose an VIII – 17 février 1800. Geishouse devient commune indépendante. Le marcheur sourit et rêve : te voilà adulte, petit village, que ton courage et la sagesse de tes dirigeants t’apportent paix et abondance.

 1803 Comme les autres villages de la vallée, Geishouse entre enfin en possession et jouissance de ses forêts, mais le partage ne devient définitif qu’en 1813. Le vent dans les feuilles n’a-t-il pas chanté un air de liberté ?

1829 13 mai Poussé par le préfet, le Conseil municipal décide de construire un bâtiment pour abriter la « maison Commune », l’école et le logement de l’instituteur, mais, hélas, où prendre les fonds ?ecolenb.jpg

1803 – 1810 L’industrialisation du textile bat son plein, condamnant à terme les métiers à bras installés à domicile chez les habitants. Un parallèle ne s’impose-t-il pas au marcheur ? Les usines textiles de la vallée n’ont-elles pas été condamnées elles aussi ? Que reste-t-il de leur gloire passée ?

1813 – 1815 Après la chute de Napoléon les troupes russes, bavaroises et wurtembergeoises envahissent la vallée sans trop molester les habitants.

 1841 10 mai Enfin ! Les écoliers vont avoir un toit à eux et le conseil ne se réunira plus dans la « Stuwe » du maire. La commune achète la maison Pfeiffer inhabitée. Mairie et école y logent encore actuellement.

Eglise1856 24 décembre Geishouse ne dépend plus de la paroisse de Saint-Amarin. Le village devient paroisse autonome et va avoir son curé. Une église toute neuve l’attend.

1857 1er novembre Bénédiction du cimetière. De leur carré ensoleillé, les défunts ont vue sur tout le village.

Dormir là haut ? Pourquoi pas ? Cimetière

 

1860 29 octobre Le Conseil décide l’achat de trois cloches. Dans leur campanile elles vont sonner et annoncer joies et peines.

 

1870 La guerre éclate ; après la défaite, l’administration devient allemande. Pour nos paysans et ouvriers, la vie quotidienne n’a guère changé. Les hommes rêvent de paix, les femmes de pain ! Les affaires industrielles prospèrent, mais le monde ouvrier reste pauvre.

 

1888 La grève éclate, l’ouvrier se défend, une nouvelle génération grandit. Le marcheur se demande : comment pouvaient-ils vivre avec des salaires aussi bas ? Ouvre les yeux, regarde les potagers, les vergers, les « Kritter » mis à la disposition par la commune, la voilà, la réponse !

 Steinmatt 45

1914 C’est la guerre à nouveau. Les troupes françaises arrivent par les cols d’Oderen et de Bussang. Elles resteront à Geishouse pendant quatre ans.

 

1918 La paix revient. Après avoir pansé les plaies infligées par la guerre, les ouvriers et paysans de chez nous s’ouvrent à la vie moderne.

 

 1939 – 1944 La guerre et l’horreur, le feu et le sang ! Le 4 février 1944, les cloches sonneront la fin du cauchemar, mais il ne fera que commencer pour les mères, les veuves et leurs enfants.

La boucle est bouclée, nous retrouvons le marcheur devant le Mémorial des Malgré – Nous. Son cœur est lourd, il ouvre les yeux et il admire… Ici, sur cette terre baignée de soleil qui est la nôtre, ici, la Vie a triomphé !

R & F. Rosenblatt

 

 Geishouse en automne